Extraction of morta oak wood from marshland environments for scientific analysis and dating

Des échantillons de bois fossiles datés par le laboratoire CIRAM

Des échantillons de bois fossiles datés par le laboratoire CIRAM

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8–12 minutes

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Le CIRAM a récemment daté deux bois fossiles : un chêne « morta » et un if des marais. Tous deux ont été retrouvés enfouis au même endroit, dans les marais du Bessin et du Cotentin, en Normandie (Calvados et Manche). Et il faut dire que l’’état de conservation de ces deux fragments est remarquable ! Les analyses radiocarbone situent le chêne entre 4 344 et 4 066 BCE (Before Common Era), et l’if entre 2 027 et 1 778 BCE. Malgré leurs 6 000 et 4 000 ans d’ancienneté, ces bois conservent une structure et un aspect visuel presque intacts.

Mais comment expliquer une telle conservation ? Et que nous racontent ces bois millénaires sur l’histoire des paysages ? Voici un petit tour d’horizon d’un matériau aussi fascinant que précieux.

En résumé :

  • Le CIRAM a daté deux bois fossiles découverts dans les marais normands.
  • Leur conservation exceptionnelle s’explique par un enfouissement en milieu tourbeux pauvre en oxygène, qui a empêché leur décomposition et a entraîné une forte densification du bois.
  • Ces bois fossiles constituent de précieuses archives permettant de reconstituer l’évolution des paysages et des environnements anciens.
  • Il sont aujourd’hui particulièrement apprécié par les artisans qui travaillent le bois.
CIRAM-extraction-morta-Atelier-JHP

Extraction d’un morta par les Atelier JHP.
(source : Le morta – Atelier JHP)

Le morta : un bois issu de forêts englouties

Le morta est une essence de chêne particulièrement ancienne que l’on retrouve enfoui dans les tourbes des marais. Caché là depuis plusieurs millénaires, il constitue aujourd’hui un matériau exceptionnel à la croisée de la géoarchéologie, des sciences du bois et de l’artisanat d’art.

Par ailleurs, les diagnostics archéologiques réalisés dans le cadre des travaux de curage des canaux de Brière, entrepris par le Syndicat du Bassin Versant du Brivet (SBVB), montrent que les mortas constituent de véritables archives environnementales. Ces végétaux millénaires permettent notamment de documenter :

  • Les variations du niveau d’eau dans les marais,
  • Les phases d’enfouissement des forêts anciennes,
  • Les traces d’activités humaines anciennes (charbons, dépôts détritiques),
  • L’évolution des paysages depuis le Néolithique.

Les bois sont ainsi intégrés à une lecture globale du territoire, à la fois archéologique et paléo environnementale. Les analyses radiocarbone situent l’origine du morta entre la fin du Néolithique et le début de l’âge du Bronze. Il a donc poussé il y a environ 5 000 à 7 000 ans, dans un environnement forestier aujourd’hui disparu.

Et en effet, cette période, marquée par d’importantes évolutions hydrologiques des marais, est à l’origine de l’enfouissement progressif des arbres sous des dépôts tourbeux. Cet enfouissement a privé le tronc mort d’oxygène, empêchant sa décomposition classique.

La transformation et la commercialisation du morta

L’extraction commerciale du morta est aujourd’hui strictement encadrée. Elle s’effectue sur une période courte chaque année, dans des zones définies par les autorités locales. En Brière par exemple, le prélèvement n’est autorisé que 6 semaines par an, soit du 15 septembre au 30 octobre, quand le marais n’est pas trop inondé. La localisation de l’extraction est quant à elle réalisée en lien avec le Parc naturel régional de Brière (PNRB). Le sol est sondé et les bois qui sont trouvés sont prélevés sans aide mécanique pour conserver l’intégrité du sol ; ce dernier étant rebouché après extraction. Une demande d’Indication Géographique Protégée (IGP) pour le morta du marais de la Brière est d’ailleurs en cours de réflexion pour permettre de sauvegarder et d’encadrer au maximum le prélèvement de ce patrimoine naturel unique.

De nos jours, cette matière est particulièrement prisée pour ses propriétés techniques et esthétiques. Autrefois on l’utilisait pour fabriquer de solides charpentes ou comme bois de chauffage. Aujourd’hui, on ne la commercialise plus à l’état brut : on la transforme en couteaux, stylos, pipes, sculptures ou autres petits objets tournés ou sculptés.

Capture d'écran vidéo de l'extraction d'un bois "morta" par les ateliers JHP

Silence, ça pousse ! Vidéo de l’extraction et de la transformation d’un morta par les Atelier JHP.
(source : Le morta – Atelier JHP et Le morta – Silence, ça pousse ! – France Télévisions)

Analyses réalisées par le CIRAM

Mais revenons-en à nos échantillons : en ces conditions anoxiques, nos deux essences de bois du Calvados ont subi une longue transformation de fossilisation, les rendant imputrescibles dans des conditions naturelles. Ce contexte anaérobie est à l’origine de la conservation exceptionnelle et de la transformation lente en un matériau dense, sombre et stabilisé. Comme nous l’avons précisé plus haut, la datation au carbone 14C révèle deux périodes d’enfouissement, alors que nous avons trouvé notre chêne et notre if au même endroit. Nous pouvons raisonnablement en déduire plusieurs phases de montée puis de baisse du niveau des eaux. Ces variations expliquent le déclin des arbres puis leur emprisonnement progressif dans les dépôts tourbeux.

Pour l’essence de chêne, la couleur noire n’est évidemment pas celle d’origine, puisqu’il s’agit d’un bois aux nuances originalement brunes et claires. Et c’est cette coloration particulière, témoin des interactions chimiques qui se sont produites durant des millénaires en milieu humide, qui lui donne son charme esthétique particulièrement prisé pour les objets d’art. Dans les mêmes conditions, le bois d’If (Taxus baccata) s’est légèrement assombri, lui qui est d’habitude plutôt brun orangé.

Chêne morta et if des marais

Les essences de bois analysées par les laboratoires CIRAM : chêne « morta » (noir) et if des marais (brun).

Analyse anatomique des essences de bois

Nous avons comparé notre échantillon de chêne à un chêne contemporain. Nous retrouvons sur la coupe du chêne millénaire tous les éléments caractéristiques du genre quercus à feuilles caduques, à savoir :

  • Une zone initiale poreuse,
  • Des rayons ligneux très larges, nettement visibles à l’œil nu, et d’autres très fins.
  • Un alignement tangentiel de gros vaisseaux remplis de thylles dans le bois de printemps et des petits vaisseaux formant des flammes dans le bois d’été.

La courbure des cernes d’accroissement est faible : l’arbre était donc de gros diamètre et son accroissement faible. Par conséquent, il s’agissait d’un sujet âgé. Une observation qui atteste de l’incroyable conservation du végétal de sa mort jusqu’à nos jours !

Plan transversal morta et chêne

Plan transversal d’un échantillon de morta (gauche) et d’un chêne contemporain (droite) après ponçage au grain fin (x1200).

Analyse technologique des essences de bois

L’analyse de nos végétaux présente des caractéristiques mécaniques particulières. En effet, la minéralisation du bois au cours de l’enfouissement s’est accompagnée d’une modification significative de leurs masses volumiques. La moyenne mesurée sur plusieurs échantillons de notre chêne « morta » nous donne une valeur moyenne de 974 kg/m³. Or d’après la fiche technique Tropix éditée par le CIRAD, la masse volumique pour un chêne sessile ou un chêne pédonculé (Quercus petraea ou Quercus robur) se situe autour de 740 kg/m³ soit une majoration de 31 % (source : fiche technique Quercus robur / petraea).

De son côté, notre if a subi une minéralisation tout aussi spectaculaire : les mesures réalisées sur 6 échantillons donnent une moyenne de l’ordre de 750 kg/m³ or la masse volumique habituelle se situe entre 480 et 600 kg/m³ soit une densification de 24 à 56 % ! Cette augmentation significative de densité traduit les transformations physico-chimiques du bois en milieu saturé en eau et pauvre en oxygène, qui modifient durablement ses propriétés mécaniques.

Un bois plus dense, mais plus difficile à travailler

Cette densité élevée en fait des matériaux particulièrement résistants mais aussi exigeants à travailler. Le travail d’un morta nécessite un outillage et un savoir-faire spécifique puisqu’il est fortement désaffûtant (outils à lames carbure, angles de coupe négatifs, passes réduites pour limiter les vibrations, travail lent et contrôlé, etc.).

Expérience interactive : à vous de retrouver le morta avec Planet Bog !

Et si vous passiez de la théorie à la pratique ? Dans le cadre d’une Scientific Game Jam (10–12 mars 2023), un jeu vidéo jouable en ligne a été conçu en seulement 48 heures autour du morta. Le principe : explorer un marais, sonder le sol… et tenter de localiser des troncs enfouis, comme le font les artisans sur le terrain !

Ce jeu sérieux propose une immersion originale dans les méthodes de prospection, en traduisant des données scientifiques en expérience interactive accessible à tous. On pari que vous allez creuser 😉

image

Capture d’écran de Planet Bog, jeu sérieux dédié à la recherche du morta.
(source : Planet Bog et Tutoriel Planet Bog)

Remerciements et sources

L’ensemble des données mobilisées dans cet article provient des recherches géoarchéologiques menées par le Service archéologie de Loire-Atlantique dans le cadre du suivi du curage du marais de Brière par le Syndicat Du Bassin Versant Du Brivet, du programme collectif de recherche en géoarchéologie de la Grande Brière (équipe dirigée par Yann Le Jeune, Service Archéologie de Loire-Atlantique), de divers articles journalistiques, ainsi que d’observations de terrain et d’analyses technologiques du matériau. Nous remercions également Jean-Henri Pagnon, le créateur des couteaux Morta pour ses précieux conseils et l’autorisation d’utiliser ses ressources photographiques

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Vous vous posez peut-être ces questions sur les bois fossiles ?

Qu’est-ce qu’un bois fossile ?

Un bois fossile est un bois qui a été enfoui pendant plusieurs milliers d’années dans un environnement favorable à sa conservation, comme une tourbière ou un marais. Privé d’oxygène, il ne se décompose pas normalement et subit progressivement des transformations physico-chimiques qui modifient sa couleur, sa densité et ses propriétés mécaniques. C’est le cas du morta.

Comment un bois peut-il se conserver pendant plusieurs milliers d’années ?

La conservation exceptionnelle d’un bois est principalement liée à son enfouissement dans un milieu saturé en eau et pauvre en oxygène. Ces conditions limitent fortement l’activité des micro-organismes responsables de la décomposition et permettent au bois de conserver sa structure anatomique pendant des millénaires.

Peut-on dater un bois fossile au carbone 14 ?

Oui. Tant qu’il contient encore suffisamment de carbone d’origine organique, un bois fossile peut être daté par radiocarbone. Cette méthode permet ainsi d’estimer l’époque à laquelle l’arbre a cessé d’échanger du carbone avec son environnement, c’est-à-dire au moment de sa mort.

Pourquoi le morta est-il noir ?

La couleur noire du morta résulte des réactions chimiques qui se produisent durant son long séjour dans les tourbes. Les tanins naturellement présents dans le chêne réagissent avec les minéraux du milieu humide, ce qui assombrit progressivement le bois jusqu’à lui donner sa teinte caractéristique.

Que permettent d’apprendre les bois fossiles aux scientifiques ?

Les bois fossiles constituent de véritables archives environnementales. Leur datation et leur étude permettent de reconstituer l’évolution des paysages, les variations climatiques, les fluctuations du niveau des eaux ou encore l’histoire des anciennes forêts et des activités humaines.

Pourquoi analyser scientifiquement un bois fossile ?

L’analyse scientifique permet d’identifier précisément l’essence du bois, de déterminer son âge grâce au carbone 14, d’étudier son état de conservation et de mieux comprendre les transformations qu’il a subies. Ces informations sont essentielles pour les recherches en archéologie, en géoarchéologie, en histoire de l’environnement et pour la valorisation patrimoniale.

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Carbone 14, thermoluminescence TL et OSL : quelle méthode de datation choisir ?

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6–9 minutes

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Choisir la bonne méthode de datation en contexte archéologique est une étape essentielle. Selon la nature du matériau et le contexte de découverte, les scientifiques utilisent différentes techniques. La datation au carbone 14, la thermoluminescence (TL) et la luminescence stimulée optiquement (OSL) répondent chacune à des problématiques spécifiques.

Découvrez leurs principes, leurs domaines d’application, leurs limites et les critères qui permettent de choisir la méthode la plus adaptée à chaque contexte archéologique.

En résumé :

  • Le choix entre le Carbone 14, la thermoluminescence (TL) et l’OSL dépend du matériau à dater, du contexte archéologique et des objectifs de l’étude
  • Le Carbone 14 date les matières organiques, la TL les matériaux chauffés (céramiques, terres cuites) et l’OSL les sédiments enfouis.
  • Chaque méthode possède ses propres domaines d’application, limites et niveaux de précision.

Trois techniques de datation, trois logiques scientifiques distinctes

Le Carbone 14

La datation au Carbone 14 (radiocarbone) repose sur la mesure de la décroissance radioactive de l’isotope ¹⁴C, naturellement présent dans les organismes vivants. À la mort de l’organisme, l’échange de carbone avec l’environnement cesse et l’isotope commence à se désintégrer selon une demi-vie d’environ 5 730 ans. En mesurant la quantité résiduelle de ¹⁴C par rapport au carbone stable ¹²C, on arrive à estimer la date du décès de l’organisme.

On l’utilise en archéologie puisqu’elle offre une précision moyenne de ±20 à 200 ans. Elle permet de dater :

Charbons de boisOssementsTextiles ou fibres végétalesTout résidu organique datable jusqu’à environ 50 000 ans

La datation carbone 14 ne s’applique qu’aux matières organiques, ce qui exclut donc les céramiques, pierres, métaux ou sédiments minéraux. Elle est également sensible aux contaminations modernes (bactéries, racines, infiltrations) qui peuvent fausser les résultats. Il est ainsi crucial de réaliser avec soin les prélèvements d’échantillons afin de garantir une datation scientifique fiable.

La thermoluminescence (TL)

La datation par thermoluminescence repose sur la mesure de la lumière émise par un minéral lorsqu’il est de nouveau chauffé en laboratoire. Cette technique analyse ainsi les électrons piégés dans la structure cristalline du matériau, depuis sa dernière exposition à une température élevée, généralement lors de sa fabrication ou de son utilisation dans un foyer. Ces électrons s’accumulent sous l’effet de la radioactivité naturelle de l’environnement et conservent un « signal » mesurable.

En laboratoire, un chauffage contrôlé est réalisé et permet de libérer ce signal sous forme de luminescence. Plus le signal est intense, plus la période écoulée depuis le dernier chauffage est ancienne.

On utilisera la thermoluminescence pour dater :

Terres cuitesCéramiquesTuilesBriques anciennesTout élément chauffé tel que des pierres de foyers, fours ou fragments d’enduits thermiques

La thermoluminescence couvre une plage chronologique comprise entre environ 300 et 500 000 ans, avec une précision moyenne de ±10 %.

Cependant, cette technique présente certaines limites :

  • Elle est destructive : on prélève un fragment conséquent du matériau pour analyse,
  • Elle est sensible à d’éventuels chauffages postérieurs, qu’ils soient naturels ou anthropiques,
  • Elle nécessite de connaître précisément la radioactivité ambiante dans laquelle le matériau a été enfoui pour bien calculer la datation.

Comme pour toute méthode basée sur un signal accumulé, la qualité du prélèvement et des données de contexte est déterminante afin de garantir la fiabilité des résultats.

Pour en savoir plus : Les datations absolues par thermoluminescence : quelques questions archéologiques.

La luminescence stimulée optiquement (OSL)

La datation par luminescence stimulée optiquement (OSL) repose sur la mesure du signal lumineux émis par des minéraux, généralement du quartz ou du feldspath, lorsqu’ils sont exposés à une lumière contrôlée en laboratoire. Ce signal correspond à l’accumulation d’électrons piégés dans le réseau cristallin du minéral depuis sa dernière exposition à la lumière.

En d’autres termes, la datation OSL permet d’estimer le moment où le sédiment a été enfoui, c’est-à-dire la dernière fois qu’il a été exposé à la lumière du jour. C’est une méthode de datation scientifique directe des événements de dépôt. Cette technique est particulièrement utile dans les contextes archéologiques où la matière organique est absente.

L’OSL sera ainsi utilisée pour la datation de :

Couches de sol ou niveaux archéologiques enfouisSédiments liés à des structures (fondations, remblais, niveaux de circulation)Contextes géoarchéologiques ou paléoenvironnementaux (alluvions, dunes, loess)

La datation OSL couvre une plage chronologique allant d’environ 1 000 à 700 000 ans, avec une précision moyenne de ±5 à ±15 % selon le contexte de l’objet.

Cependant, elle requiert un protocole de prélèvement très strict. Les échantillons doivent en effet être protégés de toute lumière dès leur extraction, car une exposition même brève au jour peut effacer le signal. Ils sont généralement collectés à l’aide de tubes opaques scellés immédiatement, dans des conditions contrôlées.

Cette méthode nécessite également un matériel spécifique pour le conditionnement et l’analyse, ainsi qu’une grande rigueur dans le traitement des données pour tenir compte de la radioactivité naturelle du site. Comme pour les autres techniques d’étude par luminescence, la fiabilité de la datation scientifique dépend directement de la qualité du prélèvement, de la conservation du sédiment et du contrôle des paramètres environnementaux.

Quelle méthode de datation archéologique choisir : Carbone 14, TL ou OSL ?

Tableau comparatif des méthodes

Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre ces trois méthodes afin de faciliter leur comparaison.

MéthodeType de matériauÂge mesurablePrécision moyenneLimitations
Carbone 14Matière organique (os, bois, charbon, textile…)Jusqu’à ~50 000 ans±20 à ±200 ansInapplicable aux matériaux minéraux, très sensible aux contaminations
ThermoluminescenceMinéraux chauffés (céramique, terre cuite…)300 à 500 000 ans±10 %Chauffages postérieurs, méthode destructive
OSLSédiments, quartz/feldspath exposés à la lumière1 000 à 700 000 ans±5 à ±15 %Prélevé à l’abri de la lumière, protocole rigoureux obligatoire

Quel critère pour quel contexte ?

Le choix de la méthode la plus adaptée dépend de plusieurs facteurs :

  • Nature du matériau : un fragment de bois → C14, une poterie → TL, un sédiment sous un sol d’occupation → OSL
  • Conservation : si la matière organique est absente ou trop dégradée, TL ou OSL deviennent les seules options
  • Question de recherche : datation d’un événement (ex. enfouissement d’un niveau, dernier usage d’un foyer)
  • Contexte stratigraphique : choix d’une méthode non destructive ou complémentaire

Cependant, le contexte d’étude dans le cadre de fouilles peut comprendre différents éléments à analyser. Le croisement de ces méthodes permet souvent d’obtenir une chronologie plus robuste. Un laboratoire spécialisé peut ainsi recommander les analyses les plus pertinentes en fonction des matériaux disponibles et des objectifs de l’étude.

Exemple : sur un site néolithique comportant foyer, céramique et couche sédimentaire :

  • Charbons → datation carbone 14
  • Terre cuite → datation par thermoluminescence
  • Sédiments → datation OSL

En conclusion, choisir entre la datation au carbone 14, la thermoluminescence (TL) et la luminescence stimulée optiquement (OSL) dépend avant tout du matériau étudié, du contexte archéologique et de la question scientifique posée. Ces méthodes ne s’opposent pas : elles sont complémentaires et peuvent être combinées pour affiner la chronologie d’un site ou d’un objet.

En cas de doute, les experts CIRAM vous accompagnent dans le choix des analyses les plus adaptées et dans l’interprétation des résultats afin d’établir une chronologie fiable et cohérente avec votre contexte archéologique.

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Vous vous posez peut-être ces questions concernant les méthodes de datation en contexte archéologique ?

Peut-on combiner plusieurs méthodes de datation ?

Oui, mais uniquement si l’objet comporte plusieurs matériaux adaptés aux différentes techniques. Par exemple, un objet associant du bois et de la céramique peut faire l’objet d’une datation au carbone 14 pour le bois et d’une thermoluminescence pour la céramique. En comparant les résultats, on peut vérifier leur cohérence.

Quelle est la méthode la plus précise entre le carbone 14, la TL et l’OSL ?

Il n’existe pas de méthode universellement plus précise. La fiabilité dépend avant tout du matériau analysé, de la qualité du prélèvement et du contexte archéologique. Une méthode parfaitement adaptée au matériau donnera de meilleurs résultats qu’une technique utilisée hors de son domaine d’application.

Une datation permet-elle de connaître la date exacte de fabrication d’un objet ?

Non. Une datation fournit une fourchette chronologique correspondant à un événement précis (mort d’un organisme, dernière cuisson d’une céramique ou dernier enfouissement d’un sédiment). Son interprétation doit toujours être replacée dans le contexte archéologique.

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Quel rôle joue l’anthracologie dans les fouilles préventives ?

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5–7 minutes

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Lors des fouilles préventives, chaque fragment de charbon de bois peut apporter des informations précieuses sur les paysages anciens et les activités humaines. C’est précisément le rôle de l’anthracologie, une discipline qui identifie les essences de bois à partir des charbons archéologiques. En plus de reconstituer l’environnement ancien, elle permet de sélectionner les échantillons les plus pertinents avant une datation au carbone 14. Découvrons comment cette discipline contribue à fiabiliser les interprétations archéologiques.

En résumé :

  • L’anthracologie étudie les charbons de bois archéologiques afin de reconstituer les environnements anciens et de mieux comprendre les pratiques humaines anciennes.
  • En archéologie préventive, l’anthracologie permet d’identifier les charbons les plus pertinents et de limiter les biais avant une datation au carbone 14.
  • L’association de l’anthracologie et de la datation radiocarbone garantit des chronologies plus fiables et une meilleure interprétation des vestiges.

Comprendre l’anthracologie en contexte de fouilles préventives

Discipline de pointe en archéologie, l’anthracologie offre aux équipes de fouilles préventives un outil scientifique incontournable pour interpréter rapidement les contextes et préparer la datation des vestiges.

Qu’est-ce que l’anthracologie ?

L’anthracologie est une branche de l’archéobotanique spécialisée dans l’étude des bois carbonisés (charbons de bois). Cette méthode d’analyse s’appuie sur l’observation microscopique des structures anatomiques, grâce à des techniques comme la diagraphie des charbons, afin de déterminer les espèces ou genres de bois utilisés dans les contextes archéologiques.

Les charbons trouvés dans le cadre de fouilles préventives peuvent provenir de foyers, de structures de combustion, d’éléments de construction incendiés ou encore d’incendies naturels. Tous ont en commun de conserver fidèlement les structures anatomiques du bois initial, ce qui permet aux scientifiques de réaliser une identification taxinomique précise.

L’analyse ne se limite pour autant pas à une simple reconnaissance : elle révèle les pratiques humaines (choix des essences, modes d’exploitation, techniques de combustion) et les environnements exploités par les sociétés anciennes.

Pourquoi les charbons de bois sont-ils des vestiges précieux ?

Dans le cadre des fouilles préventives, les charbons de bois occupent une place particulière. Ils constituent à la fois des témoins des paléovégétations locales et des matériaux privilégiés pour la datation au carbone 14. Ils sont à la fois témoins des paléovégétations locales et matériaux privilégiés pour la datation carbone 14 (jusqu’à environ 60 000 ans).

Concrètement, l’anthracologie aide les archéologues à répondre à plusieurs questions stratégiques :

  • Quels environnements entouraient le site fouillé ? L’étude des charbons permet de reconstituer les paléoenvironnements et les pratiques d’exploitation du bois
  • Quels charbons privilégier pour la datation ? Les critères incluent la conservation, la taille et la position stratigraphique
  • Comment éviter les biais ? L’anthracologie limite l’effet dit du “vieux bois”, qui vieillit artificiellement les chronologies

Le recours à l’anthracologie ne permet pas à lui seul de restituer l’intégralité d’un paysage ancien. Cependant, elle est particulièrement pertinente en complément d’autres approches (palynologie, carpologie, phytolithes). En contexte préventif, elle reste un outil de choix pour orienter les analyses et guider la sélection des charbons datables.

Anthracologie et datation C14 : une étape préliminaire indispensable

Coupler anthracologie et datation radiocarbone n’est pas un luxe méthodologique pour les archéologues : c’est la garantie d’obtenir des chronologies fiables et scientifiquement exploitables lors de fouilles préventives.

Pourquoi réaliser une étude anthracologique avant une datation C14 ?

La sélection des échantillons de charbons datables constitue une étape critique. Certains fragments peuvent provenir de parties anciennes d’un arbre, ce qui introduit un biais temporel, tandis que d’autres plus récents, reflètent mieux l’événement archéologique étudié. Grâce à l’anthracologie, les archéologues peuvent ainsi :

  • Identifier les essences les plus pertinentes,
  • Écarter les fragments susceptibles de produire une datation erronée,
  • Garantir la cohérence entre le contexte stratigraphique et le matériel daté.

Une mauvaise sélection du charbon a forcément des conséquences lourdes : incohérences chronologiques, résultats inutilisables et perte de valeur scientifique. L’anthracologie, lorsqu’elle est utilisée en amont d’une étude de datation, limite ces risques et sécurise la fiabilité des séquences établies.

L’anthracologie constitue une étape préliminaire essentielle à la datation au carbone 14. En sélectionnant les charbons les plus représentatifs du contexte archéologique et en limitant l’effet du « vieux bois », elle améliore la fiabilité des datations obtenues. L’anthracologie et le radiocarbone sont donc deux approches complémentaires : la première sélectionne les échantillons les plus pertinents, tandis que la seconde établit leur chronologie.

La qualité des résultats dépend également de la préparation des échantillons et des observations réalisées en laboratoire. Les scientifiques examinent notamment les structures anatomiques des charbons au microscope afin d’identifier les essences de bois et d’évaluer leur pertinence pour une datation. Découvrez comment se déroule une analyse anthracologique et les critères observés en laboratoire.

Au-delà de la reconstitution des paysages anciens, l’anthracologie contribue directement à la fiabilité des datations au carbone 14 et à l’interprétation des contextes archéologiques.

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Vous vous posez peut-être ces questions sur l’anthracologie ?

Dans quels contextes archéologiques retrouve-t-on des charbons de bois ?

Les charbons peuvent provenir de foyers domestiques, de fours, de structures de combustion, d’incendies de bâtiments, de dépotoirs ou encore de niveaux d’occupation anciens. Leur étude apporte des informations sur les activités humaines, les pratiques de gestion du bois et les environnements exploités à différentes périodes.

L’anthracologie permet-elle de reconstituer une forêt ancienne ?

Oui, mais seulement en partie. L’étude des charbons de bois fournit des informations sur les essences présentes autour du site de fouille. Pour affiner la reconstitution des paysages anciens, les archéologues complètent l’anthracologie par la palynologie ou la carpologie.

Quelle est la différence entre l’anthracologie et la xylologie ?

Ces deux disciplines étudient le bois, mais elles ne portent pas sur les mêmes matériaux. L’anthracologie s’intéresse aux bois carbonisés découverts lors des fouilles archéologiques, tandis que la xylologie étudie le bois non carbonisé afin d’identifier les essences utilisées, les techniques de fabrication ou l’origine des objets en bois.

Quelle est la différence entre l’anthracologie, la palynologie et la carpologie ?

L’anthracologie étudie les charbons de bois afin d’identifier les essences utilisées et de reconstituer les environnements anciens. La palynologie analyse les grains de pollen fossiles pour retracer l’évolution de la végétation et du climat. La carpologie s’intéresse quant à elle aux graines, fruits et autres restes végétaux conservés sur les sites archéologiques. Ces trois disciplines sont complémentaires et permettent d’obtenir une vision plus complète des paysages et des pratiques humaines passées.

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A quoi sert la spectrométrie de masse en archéologie ?

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5–8 minutes

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La spectrométrie de masse est aujourd’hui l’une des techniques d’analyse les plus utilisées en archéologie. Elle permet aussi bien de dater des vestiges grâce au carbone 14 que d’étudier la composition de matériaux, d’identifier des résidus organiques ou d’analyser les isotopes stables afin de mieux comprendre les sociétés anciennes. Sa précision et sa sensibilité permettent d’obtenir des informations à partir de quantités infimes de matière.

Il existe toutefois plusieurs types de spectrométrie de masse, chacun répondant à des objectifs spécifiques. Dans cet article, nous expliquons leur fonctionnement, leurs principales applications en archéologie et les informations qu’elles permettent d’obtenir.

En résumé :

  • La spectrométrie de masse permet de dater des vestiges, d’analyser leur composition chimique et d’étudier leurs signatures isotopiques à partir de très faibles quantités de matière.
  • Plusieurs techniques complémentaires sont utilisées en archéologie : l’AMS pour la datation au carbone 14, l’IRMS pour les analyses isotopiques et la GC-MS ou la LC-MS pour l’identification des résidus organiques.
  • Il est important de noter que les résultats doivent toujours être interprétés en tenant compte du contexte archéologique afin de reconstituer avec fiabilité l’histoire des sites et des artefacts.

Comprendre la spectrométrie de masse en archéologie : principes et techniques

La spectrométrie de masse repose sur l’analyse des atomes ou des molécules présents dans un échantillon. Selon la technique employée, elle permet de dater des vestiges, d’étudier leur composition chimique ou encore d’analyser leurs signatures isotopiques afin d’obtenir des informations sur leur origine, leur utilisation ou leur histoire.

Le principe de la spectrométrie de masse appliqué à l’analyse des matériaux archéologiques

Le principe de la spectrométrie de masse consiste à ioniser un échantillon, puis à séparer les ions en fonction de leur masse. Les scientifiques peuvent ainsi identifier les éléments chimiques, les isotopes ou les molécules présents, même lorsque les quantités analysées sont extrêmement faibles.

Cette sensibilité permet d’étudier des vestiges archéologiques précieux ou de très petite taille tout en obtenant des résultats particulièrement précis. Selon les objectifs de l’étude, les chercheurs utilisent différentes techniques de spectrométrie de masse, chacune répondant à une problématique spécifique.

Les principales techniques en spectrométrie de masse : AMS, IRMS et spectrométrie couplée à la chromatographie

Plusieurs méthodes sont utilisées en archéologie :

TechniqueCe qu’elle mesure Utilisation principale
La spectrométrie de masse par accélérateur
(AMS)
Isotopes du carbone 14Datation des matériaux organiques
La spectrométrie de masse à rapport isotopique
(IRMS)
Isotopes stables (¹³C, ¹⁵N, ¹⁸O, ³⁴S…)Régime alimentaire, provenance, mobilité
Le couplage chromatographie-spectrométrie de masse
(GC-MS ou LC-MS)
Molécules organiquesRésidus alimentaires, huiles, résines, cires…

Chaque technique répond à une problématique scientifique spécifique. Elles sont souvent complémentaires et peuvent être combinées au sein d’un même projet de recherche.

Applications concrètes : ce que révèle la spectrométrie de masse en archéologie

Au-delà de la performance des instruments, l’intérêt de la spectrométrie de masse réside dans les informations qu’elle apporte sur les vestiges archéologiques. Selon la technique employée, elle permet de dater un objet, de reconstituer les modes de vie des populations anciennes ou encore d’identifier les substances présentes sur un artefact.

Dater les vestiges archéologiques

La spectrométrie de masse par accélérateur, ou AMS, reste aujourd’hui la méthode de référence pour la datation carbone 14 en archéologie. Contrairement aux techniques classiques, elle permet de dater des échantillons de quelques milligrammes avec une extrême précision grâce à la mesure directe du rapport 14C/12C. Elle est ainsi la méthode privilégiée afin d’analyser les objets délicats ou de grande valeur patrimoniale (ossements humains, textiles funéraires, charbons en contexte clos). Elle fournit une datation archéologique précise, en limitant les biais liés aux contaminants ou à la taille des échantillons.

Reconstituer les modes de vie des populations anciennes

L’analyse isotopique stable IRMS ouvre quant à elle un autre champ d’interprétation en contexte archéologique. Grâce à l’étude des isotopes stables du carbone, de l’azote, de l’oxygène ou du soufre, il devient en effet possible de retracer des régimes alimentaires, d’identifier des aires de provenance, voire de distinguer des pratiques sociales (par exemple : identifier une alimentation différenciée selon le statut ou le genre). 

Identifier les résidus conservés sur les objets

Quant à la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS ou LC-MS), elle permet d’explorer les molécules organiques piégées dans les objets : lipides alimentaires, résidus de résine ou de vin, protéines dégradées, etc… Ces analyses apportent ainsi des informations fonctionnelles sur l’usage des artefacts (contenants, outils, ornements) et sont précieuses pour les études paléoenvironnementales ou les approches protéomiques.

Limites, précautions et interprétation des résultats en contexte archéologique

Si les possibilités offertes par la spectrométrie de masse à l’archéologie sont vastes, elles nécessitent néanmoins de mettre en place des protocoles rigoureux d’étude. Le prélèvement doit ainsi être anticipé en amont de la fouille afin d’appréhender : la nature du matériau, les conditions de conservation et les éventuels risques de contamination. Une interprétation fiable repose en effet sur une collaboration étroite entre les équipes de terrain et le laboratoire d’analyse spécialisé en étude archéologique.

Enfin, la lecture des résultats ne peut être dissociée du contexte de recherche : datation, analyse isotopique ou identification organique, ces techniques ne livrent pas de vérités absolues mais leurs résultats offrent des indicateurs puissants lorsqu’ils sont croisés aux données archéologiques.

En conclusion, la spectrométrie de masse constitue aujourd’hui un outil essentiel pour l’étude des vestiges archéologiques. Grâce à ses différentes techniques (AMS, IRMS, GC-MS ou LC-MS), elle permet de dater les matériaux, d’identifier leur composition et d’apporter de nouvelles informations sur les sociétés anciennes. Combinées aux observations de terrain, ces analyses contribuent à construire une interprétation scientifique plus complète des sites. Le laboratoire CIRAM accompagne ainsi les acteurs de l’archéologie en mettant en œuvre ces différentes approches analytiques, adaptées aux enjeux de l’archéologie préventive, programmée et de la recherche.

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Vous vous posez peut-être ces questions sur la spectrométrie de masse ?

La spectrométrie de masse est-elle une analyse destructive ?

La plupart des analyses nécessitent un prélèvement de matière, mais les quantités utilisées sont généralement très faibles, de l’ordre de quelques milligrammes. Les laboratoires adaptent les protocoles afin de préserver au maximum les vestiges, en particulier lorsqu’il s’agit d’objets rares ou patrimoniaux.

La spectrométrie de masse permet-elle d’analyser tous les vestiges archéologiques ?

Non. La méthode dépend de la nature du matériau, de son état de conservation et de la question scientifique posée. Certains échantillons trop altérés ou contaminés peuvent nécessiter d’autres approches analytiques ou ne pas être exploitables.

Pourquoi faut-il interpréter les résultats avec les données de fouille ?

Une mesure scientifique ne suffit pas à elle seule pour comprendre un site archéologique. Les résultats prennent tout leur sens lorsque les archéologues les confrontent à la stratigraphie, au contexte de découverte et aux autres analyses menées sur les vestiges. Cette approche permet de produire une interprétation chronologique et fonctionnelle plus fiable.

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Datation pour l’archéologie : pourquoi croiser plusieurs méthodes ?

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5–8 minutes

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Les archéologues doivent établir des chronologies fiables pour comprendre l’occupation, l’évolution et les usages des sites étudiés. Cette étape constitue un élément fondamental de leur démarche scientifique. Cependant, du fait de la diversité des contextes, des matériaux et des objectifs de recherche, aucune méthode ne peut, à elle seule, garantir une datation irréfutable.

C’est pour cette raison que les chercheurs adoptent aujourd’hui le croisement de plusieurs méthodes de datation comme approche de référence en contexte archéologique. La combinaison de plusieurs techniques telles que la datation radiocarbone, thermoluminescence, OSL, dendrochronologie, ESR leur permet d’affiner, valider et sécuriser les résultats de leurs études. Pour y parvenir, il leur faut cependant bien connaître les atouts et les limites de chaque méthode, respecter les protocoles et comprendre le rôle déterminant des laboratoires spécialisés. 

Dans cet article, nous vous proposons une revue des techniques de datation en contexte archéologique, un examen de leur complémentarité et l’importance de collaborer avec un laboratoire expert.

En résumé :

  • Le croisement de plusieurs méthodes de datation permet de fiabiliser les chronologies archéologiques et de limiter les biais liés à chaque technique.
  • Carbone 14, thermoluminescence, OSL, ESR ou dendrochronologie apportent des informations complémentaires selon les matériaux étudiés.
  • Une approche multi-technique, associée à l’expertise d’un laboratoire spécialisé, renforce la précision et la valeur scientifique des résultats.

Comprendre la diversité des méthodes de datation en archéologie

En contexte archéologique, connaître les spécificités des méthodes de datation et d’analyse des matériaux est indispensable pour optimiser la stratégie analytique dès les premières phases d’un projet. Cela permet aux équipes de recherche de limiter l’impact des contraintes de terrain, de matériaux et de calendrier, propres à ce milieu.

Méthodes de datation pour l’archéologie : panorama des techniques absolues et relatives

Le processus de datation pour l’archéologie repose sur deux grands groupes méthodologiques : les méthodes de datation absolue et les méthodes de datation relative. Chaque groupe répond à des objectifs distincts, en fonction de la nature des artefacts, du contexte de fouille, ou des contraintes de précision chronologique attendue.

Les méthodes absolues, comme la datation carbone 14, la thermoluminescence, la dendrochronologie, l’OSL, l’ESR ou encore l’U-Th permettent d’attribuer un âge exprimé en années. Elles s’appliquent à des matériaux variés tels que les matières organiques (charbons, ossements), céramiques, sédiments, matériaux de construction, etc…

À l’inverse, les techniques de datation relative, comme la stratigraphie en archéologie, la typologie ou la sériation, permettent quant à elles d’ordonner chronologiquement les couches et objets sans fournir d’âge absolu. Elles sont essentielles afin de contextualiser les découvertes sur site, en particulier dans les environnements complexes ou perturbés.

Pour cela, les archéologues devront donc choisir quelle méthode utiliser en fonction du type de matériau archéologique à dater (bois, poterie ancienne, céramique, os, sédiment), de sa conservation, de son contexte et de la résolution chronologique requise. Il est donc important, dès cette étape, de se concerter avec un laboratoire d’analyse afin d’éviter les possibles biais et anticiper les contraintes analytiques.

Avantages, limites et enjeux techniques des différentes méthodes

Chaque technique possède un champ d’application défini, des marges d’erreur spécifiques et des protocoles stricts. C’est précisément cette complémentarité qui justifie leur utilisation conjointe.

Par exemple, la datation carbone 14 est une technique fiable jusqu’à 50 000 ans pour les matériaux organiques, mais elle reste sensible aux contaminations récentes. La thermoluminescence et l’OSL sont quant à elles réservées aux matériaux ayant subi un dernier chauffage ou une exposition à la lumière (céramiques, sédiments), avec des incertitudes liées à la dose annuelle reçue.

D’autres méthodes utiles, comme l’ESR ou l’U-Th, sont adaptées à des contextes spécifiques (émaux, calcaires, dents fossiles). La dendrochronologie peut atteindre une précision annuelle lorsqu’un référentiel adapté est disponible, mais son application reste limitée aux essences et régions disposant de chronologies de référence.

La fiabilité de la datation pour l’archéologie dépend donc moins d’une méthode unique que d’un choix raisonné et éclairé par les limites de chaque technique choisie et des impératifs du terrain.

Croiser les méthodes pour fiabiliser la chronologie archéologique

Aucune méthode, aussi performante soit-elle, ne suffit à elle seule à établir une chronologie fiable de l’échantillon analysé. Le croisement des méthodes de datation permet alors de construire des chronologies plus solides et mieux documentées.

Pourquoi adopter une approche multi-technique en datation pour l’archéologie ?

Croiser plusieurs méthodes de datation en archéologie permet de confronter, affiner ou confirmer les résultats obtenus. En combinant diverses techniques aux principes physiques ou chimiques différents, on réduit les marges d’erreur liées à chaque méthode, tout en gagnant en fiabilité.

Prenons l’exemple d’un site préhistorique mêlant foyer, mobilier céramique et restes osseux. Une datation radiocarbone sur charbons peut être combinée à une datation par thermoluminescence sur les fragments céramiques chauffés, ou par une OSL sur les sédiments environnants afin d’obtenir une vue plus précise sur l’histoire de l’échantillon. Cette triangulation chronologique permet d’exclure des anomalies (ex. : pollution récente du carbone 14) ou de préciser l’âge réel de dépôt.

Autre cas courant pour les archéologues : la datation des ossements qui est régulièrement sujette à des lessivages ou des contaminations post-dépositionnelle. Recourir en parallèle à une datation ESR qui est plus stable dans le temps permet de sécuriser l’interprétation historique. Ce type d’approche (combinaison) est particulièrement recommandé dans les contextes complexes (grottes, niveaux perturbés, environnements tropicaux), ou lorsque la datation des artefacts & échantillons archéologiques doit être intégrée dans des séquences longues.

Vers une chronologie cohérente : interprétation, modélisation et valorisation des résultats

Nous l’avons vu, combiner des méthodes d’analyse permet de limiter leurs limites et d’adjoindre leurs avantages propres. Pourtant, croiser les techniques ne suffit pas : encore faut-il intégrer les résultats dans un cadre chronologique cohérent. Cette phase repose sur des outils statistiques avancés, notamment les modèles bayésiens. Ceux-ci permettent d’articuler les données entre elles tout en tenant compte des incertitudes propres à chaque mesure.

La datation pour l’archéologie multi-techniques permet alors de reconstituer des phases d’occupation, de mieux cerner la dynamique d’un site, ou de redéfinir des périodes techniques. Cette méthodologie avancée s’impose comme un atout décisif pour la datation des sites préhistoriques, des structures bâties ou dans des contextes sépulcraux.

Enfin, cette approche renforce d’autant plus la valeur scientifique des résultats, leur crédibilité auprès des institutions patrimoniales, et leur potentiel de diffusion dans les publications spécialisées. En résumé, le croisement des techniques n’est pas un simple choix, mais devient un levier stratégique pour toute démarche de datation pour l’archéologie exigeante.

Le rôle d’un laboratoire spécialisé dans une stratégie multi-technique

Le choix d’une stratégie multi-technique repose donc sur une analyse précise du contexte archéologique, des matériaux disponibles et des objectifs scientifiques du projet. Un laboratoire spécialisé intervient dès les premières étapes pour orienter les prélèvements et définir les protocoles analytiques les plus adaptés.

Cette expertise permet de limiter les biais liés aux contaminations, à la conservation des matériaux ou aux limites propres à chaque méthode, afin de construire des chronologies cohérentes et scientifiquement exploitables.

Grâce à son expertise en datation radiocarbone et en analyse de matériaux archéologiques, CIRAM accompagne les professionnels dans la mise en place de stratégies analytiques adaptées à leurs problématiques.

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La datation carbone 14 est l’une des méthodes les plus fiables pour établir l’âge des vestiges organiques étudiés en archéologie. Depuis plus de 70 ans, elle permet aux archéologues de reconstituer la chronologie des sites, des artefacts et d’événements anciens. Qu’il s’agisse de bois, d’ossements, de charbon de bois, de collagène ou de mortier : chaque matériau nécessite un protocole rigoureux, une calibration précise et une interprétation experte.

Dans cet article nous explorons le principe du carbone 14, quel est son protocole, ses applications, ses limites et le rôle clé des laboratoires spécialisés. 

Principes scientifiques et protocole de la datation carbone 14 pour l’archéologie

La datation carbone 14 ou radiocarbone est une étude essentielle qui permet d’établir la chronologie des sites et artefacts archéologiques. Il est crucial que les professionnels impliqués dans les fouilles et leur analyse soient en mesure de comprendre le fondement scientifique et le protocole d’analyse par carbone 14 pour optimiser l’interprétation des résultats.

Le principe scientifique de la datation par radiocarbone

Le principe du carbone 14 repose sur la mesure de l’isotope radioactif carbone 14 (14C) contenu dans la matière organique. Pendant la vie d’un organisme (plante, animal, humain), l’échange de carbone avec l’atmosphère maintient un équilibre entre le carbone 12 (12C) et le carbone 14. À sa mort, cet échange cesse et le 14C décroît alors selon une demi-vie de 5 730 ans.

La méthode de datation carbone 14 consiste ainsi à mesurer le rapport 14C/12C résiduel pour calculer le temps écoulé depuis le décès de l’organisme, exprimé en âge brut, en années BP (« Before Present », où « présent » = 1954). Il est important de rappeler que les variations du carbone 14 atmosphérique au fil du temps nécessitent toutefois une calibration des résultats. On a ainsi recours à des courbes de calibration, établies à partir de données de dendrochronologie, de coraux ou de sédiments marins, et qui permettent alors de convertir l’âge brut en dates calibrées. 

Dans une autre mesure, les technologies modernes, notamment la spectrométrie par accélérateur (AMS), offrent quant à elle une grande sensibilité, rendant possible la datation carbone 14 de bois, ossements, charbon de bois, collagène ou bioapatite, même à partir de très petits échantillons (quelques milligrammes).

Protocole d’analyse et critères d’échantillonnage

Le protocole datation carbone 14 appliqué à l’archéologie comprend plusieurs étapes clés :

  1. Échantillonnage : un choix rigoureux du matériau tout en minimisant les risques de contamination (un critère fondamental afin de garantir la fiabilité de la datation carbone 14).
  2. Pré-traitements chimiques : la purification de l’échantillon pour éliminer les contaminants modernes ou anciens, et l’extraction de la matière à dater (cellulose, collagène).
  3. Analyse élémentaire, Mesure isotopique et graphitisation : concentration en carbone et azote, rapport isotopique 13C/12C, extraction du carbone et transformation en graphite, mesure du rapport 14C/12C.
  4. Calibration et validation des résultats.

En ce qui concerne la taille minimale de l’échantillon, celle-ci dépend du matériau et de son état de conservation. Par exemple, quelques milligrammes suffisent en AMS, mais la conservation des échantillons en vue d’une analyse de datation au carbone 14 reste un défi majeur, surtout pour les matériaux altérés.

À ce titre, la collaboration avec un laboratoire carbone 14 reconnu, comme CIRAM, garantit le respect des normes internationales, des protocoles d’échantillonnage stricts et une certification laboratoire datation carbone 14, éléments cruciaux pour la robustesse scientifique des datations.

Applications, limites et interprétation des résultats

Si la datation carbone 14 est une méthode adaptée, la pertinence de l’analyse dépend des matériaux analysés, de la calibration des résultats et de la compréhension de ses limites par les experts.

Applications et précision de la méthode

La méthode de datation carbone 14 s’applique exclusivement aux matériaux organiques :

  • Datation carbone 14 des bois : charpentes, pieux, charbons de bois.
  • Datation carbone 14 des ossements : humains ou animaux, en analysant le collagène ou la bioapatite.
  • Datation carbone 14 des charbons de bois : foyers, habitats anciens, mortiers.

Ces matériaux permettent une analyse carbone 14 dans un contexte archéologique fiable. Toutefois, il est essentiel de rappeler que la datation radiocarbone mesure la mort de l’organisme, non l’utilisation de l’objet ou du site associé.

Quelle est la précision et la fiabilité de la datation ?
Avec des échantillons bien conservés et des protocoles rigoureux, l’incertitude typique est de ± 30 à ± 300 ans. Toutefois, cette précision varie selon l’âge et le type de matériau échantillonné.

La fiabilité d’une datation carbone 14 d’un artefact archéologique dépend aussi de l’absence de contamination. C’est pourquoi la qualité du protocole d’échantillonnage et le traitement en laboratoire sont cruciaux.

Limites, calibration et interprétation des résultats

Quelles sont les limites d’âge ?
La méthode de datation carbone 14 est efficace jusqu’à environ 50 000 ans. Au-delà, la quantité résiduelle de 14C devient trop faible pour être mesurée avec précision.

Comment les résultats sont-ils interprétés ?
Les âges brutes exprimées en BP doivent être calibrées pour être converties en dates calibrées, utilisant des courbes internationales de calibration (IntCal). Cette interprétation des résultats de datation carbone 14 est cruciale pour replacer les artefacts dans leur contexte chronologique précis.

Comparatif méthodes de datation archéologique
La datation par radiocarbone est souvent privilégiée pour les périodes récentes (< 50 000 ans). Pour des âges supérieurs ou des matériaux non organiques, des techniques comme la datation par thermoluminescence ou la datation OSL sont utilisées en complément.

Ainsi, le choix de la méthode dépend toujours du type de matériau étudié, de l’âge présumé et des objectifs scientifiques fixés par les archéologues.

Le rôle des laboratoires spécialisés dans l’analyse carbone 14 pour l’archéologie

Au-delà de la méthode elle-même, la qualité des analyses repose sur l’expertise des laboratoires carbone 14 spécialistes de l’archéologie et de leur capacité à accompagner les archéologues à chaque étape.

Laboratoires d’analyse : un partenaire stratégique pour les archéologues

Le choix d’un laboratoire spécialisé en archéométrie est déterminant pour garantir la fiabilité de l’analyse des échantillons par datation au carbone 14. Par exemple, CIRAM est un laboratoire spécialiste de la datation carbone 14 accrédité et reconnu pour ses analyses archéométriques et offre bien plus qu’une simple mesure isotopique.

Les laboratoires assurent :

  • Le conseil en amont : aide au protocole d’échantillonnage pour limiter les contaminations et optimiser le choix des matériaux.
  • La préparation des échantillons : avec des techniques de purification chimique adaptées au type de vestige (bois, ossements, charbon, collagène, bioapatite).
  • L’analyse et l’interprétation : fourniture d’un rapport d’analyse carbone 14 détaillé avec les résultats calibrés et leur incertitude.
  • La collaboration scientifique : possibilité de travailler en partenariat pour l’expertise de datation, notamment dans le cadre de projets de recherche.

Cette approche globale est essentielle pour répondre aux exigences croissantes de l’archéologie préventive et des projets de recherche académiques.

Coûts, délais et perspectives

Quels sont les coûts et délais associés ?
Le coût d’une analyse par carbone 14 varie selon la complexité du traitement, le type de matériau et le volume d’échantillons. Des tarifs dégressifs peuvent s’appliquer pour des séries importantes. Les délais d’une analyse radiocarbone sont généralement de 2 à 8 semaines, certains laboratoires comme CIRAM offrant des résultats sous 2 semaines. 

Vers une archéométrie intégrée
Au-delà du carbone 14, des techniques complémentaires comme la spectrométrie, la microanalyse ou l’imagerie non invasive permettent d’enrichir l’analyse des matériaux archéologiques. Cette archéométrie intégrée permet d’affiner la compréhension des sites et d’optimiser les stratégies de restauration objets archéologiques datés.

Pour cela, faire appel à un laboratoire d’analyse archéométrique compétent, tel que CIRAM, permet de garantir des résultats robustes, interprétables et adaptés aux enjeux spécifiques de chaque projet.

La datation carbone 14 pour l’archéologie reste une méthode incontournable pour établir la chronologie des sites et artefacts. La fiabilité des études dépend cependant du type de matériau analysé, de la qualité de l’échantillonnage et de l’expertise du laboratoire chargé de l’analyse radiocarbone. La compréhension du principe du carbone 14 dans un contexte archéologique, la maîtrise du protocole de datation carbone 14 et l’interprétation rigoureuse des résultats sont essentielles pour des résultats précises et exploitables.

Le laboratoire CIRAM, spécialiste reconnu de la datation radiocarbone, accompagne les archéologues à chaque étape : de l’échantillonnage, à leur préparation, et jusqu’à la mesure et l’interprétation des résultats. Pour garantir des analyses fiables et adaptées à vos besoins, demandez une étude auprès des équipes archéologiques de CIRAM dès aujourd’hui.

Comment dater une momie avec le carbone 14 ?

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6–10 minutes

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La datation des momies est une analyse essentielle qui permet aux archéologues de reconstituer avec précision l’histoire des civilisations anciennes. Parmi les diverses méthodes de datation archéologique, l’analyse au carbone 14 s’impose comme un outil incontournable pour les chercheurs. Cependant, son application aux momies soulève bien souvent des défis méthodologiques tels que la sélection des échantillons, les risques de contamination, les limites chronologiques et les corrections nécessaires pour s’en prémunir.

Dans cet article, nous explorons en détail le processus de datation radiocarbone : ses spécificités appliquées aux momies égyptiennes et andines mais aussi les solutions scientifiques à notre disposition qui permettent d’optimiser la précision de la datation au carbone 14 des momies.

En résumé :

  • Le carbone 14 permet de dater les matières organiques présentes sur les momies (cheveux, os, tissus, bandages…).
  • La fiabilité dépend avant tout du choix de l’échantillon et de l’élimination des contaminations. Néanmoins, les analyses AMS et les étapes de calibration permettent d’obtenir des datations très précises.
  • Les résultats doivent toujours être interprétés avec le contexte archéologique.

Spécificités de la datation des momies par le carbone 14

La datation au carbone 14 est une méthode d’analyse incontournable pour aider les archéologues à établir la chronologie des momies. Cependant les archéologues ont besoin de garantir des résultats fiables et plusieurs problématiques techniques et méthodologiques s’imposent à eux. Parmi ceux-ci, la sélection des échantillons, la contamination et les biais isotopiques sont des défis à surmonter.

Nature des échantillons analysables

Pour dater une momie au carbone 14, les chercheurs doivent prélever des matériaux organiques présents. Les principaux échantillons à leur disposition sont :

  • Les tissus biologiques momifiés : peau, cheveux, tendons ou os.
  • Les bandages de momies : souvent constitués de lin, une matière organique directement exploitable pour l’analyse.
  • Les résidus biologiques : fluides séchés, pigments appliqués sur le corps ou résines d’embaumement. Leur usage peut cependant poser problème pour la datation comme nous le verrons plus tard.

Les cheveux des momies constituent un matériau particulièrement intéressant dans le cadre d’une datation au carbone 14 en raison de leur résistance à la dégradation. Une étude a démontré qu’un protocole spécifique permettait d’extraire la kératine du cortex capillaire et ne nécessitait qu’une vingtaine de milligrammes d’échantillon, ce qui minimise l’impact sur l’intégrité de la momie tout en fournissant des dates précises. Cette technique est particulièrement adaptée aux momies conservées dans des musées. 

Pourquoi les momies sont-elles plus difficiles à dater ?

Bien que les échantillons analysables soient variés sur une momie, plusieurs facteurs compliquent la datation carbone 14 :

  • Contamination moderne : l’exposition à des conservateurs récents (vernis, résines, bitume) peut fausser la mesure du ratio ¹⁴C/¹²C.
  • Environnement de conservation : le développement de micro-organismes pourrait rajeunir artificiellement la datation, s’ils ne sont pas strictement éliminés.
  • Vieillissement des matières organiques : la mauvaise conservation pourrait empêcher de récolter suffisamment de matière pour réaliser une datation précise.

Une étude menée sur la momie dorée de Dunkerque a démontré que la sélection des échantillons et leur prétraitement chimique étaient cruciaux afin de garantir la fiabilité des résultats. Le processus d’extraction sélective de la kératine des cheveux a ainsi permis d’éliminer les matières exogènes et d’obtenir une datation fiable.

Comment se déroule la datation d’une momie ?

La fiabilité d’une datation de momie au carbone 14 repose sur un protocole rigoureux d’échantillonnage, de préparation et d’analyse en laboratoire. Chaque étape vise à éliminer les biais possibles et garantir une précision optimale malgré les défis inhérents aux matériaux anciens. 

Préparation et extraction des échantillons

La datation au carbone 14 nécessite de préparer méticuleusement des échantillons. Ce qui implique plusieurs étapes cruciales :

  • Nettoyage mécanique et chimique : on parle ici des techniques de prétraitement chimique (méthode ABA : acide-base-acide) pour éliminer les contaminants modernes.
  • Sélection des fractions les plus fiables : les cheveux momifiés sont privilégiés car ils offrent une meilleure résistance aux altérations environnementales.
  • Filtrage isotopique : l’analyse des rapports isotopiques du carbone permet de détecter d’éventuelles anomalies.

Analyse en laboratoire

L’analyse du C14 repose sur des étapes précises réalisées en laboratoire pour garantir des résultats fiables et scientifiquement robustes :

  • Mesure du ratio ¹⁴C/¹²C : la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS) permet d’analyser des échantillons très petits.
  • Contrôle des biais isotopiques : sont des ajustements pour tenir compte du fractionnement isotopique naturel.
  • Calibration des résultats : est basé sur les courbes de calibration IntCal 20 ou SH Cal20, essentielles pour corriger les fluctuations historiques du carbone 14.

Exemples de datation de momies

Momies égyptiennes : datation des bandages funéraires

Les bandages en lin qui enrobent les momies égyptiennes, offrent une excellente fiabilité pour la datation au carbone 14. Une étude réalisée sur des momies du Nouvel Empire a permis de confirmer leur appartenance à la XVIIIᵉ dynastie grâce à la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS). Cette technique permet en effet d’analyser des échantillons très petits, minimisant ainsi l’impact sur l’intégrité de la momie.

L’étude des textiles funéraires, réalisée notamment à El Deir en Égypte, a ouvert de nouvelles perspectives pour la datation des momies. Les chercheurs ont ainsi pu identifier différents types de textiles, y compris des bandelettes en lin neuves et des tissus issus du quotidien. Cette approche, à l’aide d’un matériau de référence, permet non seulement de dater les momies, mais également d’obtenir des informations sur les pratiques funéraires et le statut social des défunts.

Un exemple remarquable est celui de la momie de Nesi-Khons, ayant été datée entre le 4ᵉ et le 1ᵉʳ siècles avant notre ère. Les bandelettes de cette momie contenaient non seulement un texte étrusque en lin, mais également un papyrus du Livre des morts égyptien, offrant ainsi une opportunité unique de croiser les données textuelles et la datation au carbone 14.

Momies andines : défis liés à l’environnement

Une étude récente sur des momies découvertes dans les Andes argentines a eu recours à une approche innovante : les chercheurs ont réalisé une contre-datation en datant les lentes de poux trouvées sur les cheveux des momies. Cette méthode a permis d’estimer l’âge de ces momies entre 1300 et 2300 ans, tout en fournissant des informations génétiques précieuses sur les individus momifiés.

Cas complexes : les momies contaminées

Certaines momies ont été traitées au cours du XIXᵉ siècle avec des substances modernes. Pour contrer ces contaminations et réaliser une datation fiable, les scientifiques doivent procéder à un nettoyage poussé des échantillons avant analyse afin d’obtenir des résultats exploitables. Le cas de la momie de Ramsès II illustre parfaitement cette problématique de contamination.

Momies naturelles : défis et opportunités

Les momies naturelles, des corps formés dans des conditions environnementales particulières qui en assurent la préservation, présentent des défis uniques pour la datation. 

Par exemple, les corps préservés dans le pergélisol ou la tourbe peuvent avoir absorbé du carbone ancien ce qui fausse les résultats de la datation au carbone 14. Dans ces cas précis, les scientifiques combinent plusieurs méthodes au-delà de la datation au C14, comme l’analyse des pollens ou du bois, afin d’obtenir des datations fiables.

Le carbone 14 constitue aujourd’hui la méthode de référence pour dater les momies. Grâce à des protocoles de préparation rigoureux et à la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS), il est possible d’obtenir des datations précises sur différents matériaux organiques, tout en limitant les risques de contamination. Associés aux données issues des fouilles, ces résultats permettent de mieux comprendre les pratiques funéraires, les conditions de conservation et l’histoire des civilisations anciennes. Le laboratoire CIRAM met en œuvre ces méthodes afin d’accompagner les projets de recherche et les études archéologiques portant sur les restes humains anciens.

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Vous vous posez peut-être ces questions sur les momies ?

Pourquoi privilégier les bandelettes de lin ?

Les bandelettes funéraires, fabriquées à partir de fibres végétales riches en carbone organique, offrent un matériau particulièrement adapté à la datation au carbone 14. Les chercheurs peuvent les analyser lorsqu’ils établissent leur lien direct avec la momie étudiée. Cette approche permet d’obtenir une datation fiable tout en limitant les prélèvements sur les tissus humains.

Jusqu’à quel âge peut-on dater une momie au carbone 14 ?

Le carbone 14 permet de dater des matières organiques âgées d’environ 50 000 ans au maximum. Les momies égyptiennes, andines ou naturelles entrent largement dans cette plage chronologique. Au-delà, la quantité de carbone 14 résiduelle devient trop faible pour fournir une datation fiable.

Pourquoi dater une momie si son origine est déjà connue ?

Les informations historiques ou les inscriptions peuvent parfois être incomplètes, imprécises ou avoir été mal interprétées. La datation au carbone 14 permet de vérifier ces hypothèses, de confirmer une attribution chronologique ou de mettre en évidence un remploi de matériaux funéraires.

Le carbone 14 permet-il de connaître la cause de la mort d’une momie ?

Non. La datation indique uniquement l’âge du matériau analysé. Pour comprendre les causes du décès, les chercheurs utilisent d’autres techniques, comme le scanner, la radiographie, les analyses ADN ou les études paléopathologiques.

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Pour l’archéologie préventive, la datation carbone 14 reste une des méthodes incontournables afin d’établir des chronologies précises et fiables. Dans cet article, nous explorons son rôle fondamental pour l’analyse des vestiges organiques, des protocoles rigoureux jusqu’à l’interprétation des résultats. Découvrez comment cette technique soutient les projets d’aménagement tout en préservant notre patrimoine, et pourquoi la collaboration avec des laboratoires spécialisés en archéologie comme CIRAM, garantit des analyses de haute qualité.

Les fondamentaux de l’archéologie préventive et la datation carbone 14

L’archéologie préventive est une discipline clé pour la préservation du patrimoine culturel pouvant être menacé par des projets d’aménagement. Elle intervient en amont des travaux pour détecter, analyser et protéger les vestiges archéologiques. Parmi les outils indispensables dans le cadre de cette démarche, la datation carbone 14 permet d’obtenir une précision cruciale pour établir la chronologie des sites étudiés, soutenant ainsi les archéologues dans leur mission de compréhension du passé.

L’archéologie préventive : définition et enjeux

L’archéologie préventive, définie par la loi en France (loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive), vise à sauvegarder par l’étude archéologique, les archives du sol mises en danger par des travaux publics ou privés. Contrairement à l’archéologie programmée, qui repose sur des projets scientifiques planifiés et sans urgence, l’archéologie préventive répond à une contrainte de temps imposée par les chantiers.

Ce processus implique plusieurs étapes :

  • Diagnostic : les archéologues effectuent des sondages pour évaluer la présence et l’état des vestiges.
  • Fouilles : si des éléments significatifs sont découverts, une phase de fouille extensive est menée pour documenter et étudier les vestiges.

Les enjeux de l’archéologie préventive sont multiples : elle permet de mieux comprendre les modes de vie des civilisations passées, de préserver des données irremplaçables et de concilier développement moderne avec protection du patrimoine.

La datation carbone 14 est alors une méthode d’analyse clé pour atteindre ces objectifs. Elle permet aux chercheurs d’établir des contextes archéologiques précis grâce à la datation des matériaux organiques tels que les ossements, le bois ou les charbons de bois. Cette étude contribue à reconstituer des histoires humaines et civilisationnelles parfois vieilles de plusieurs millénaires.

Les bases de la datation carbone 14

La datation carbone 14 consiste à étudier la désintégration d’un isotope radioactif présent dans les organismes vivants. Après leur mort, la quantité de carbone 14 décroît en effet à un rythme constant, avec une demi-vie de 5 730 ans. En mesurant la quantité de carbone 14 restant dans l’échantillon prélevé, les scientifiques peuvent déterminer son âge avec une précision remarquable, allant du très récent (20ème siècle) jusqu’au très ancien en remontant jusqu’à 50 000 ans en arrière.

Cependant, il est important d’appréhender les limites possibles de la datation carbone 14 :

  • Contamination : les échantillons peuvent être altérés par des éléments modernes ou des polluants naturels, ce qui fausserait les résultats.
  • Calibration : les résultats bruts doivent être ajustés à l’aide de courbes de calibration, car le taux de carbone 14 atmosphérique a varié dans l’espace et dans le temps.

Ces défis soulignent l’importance de respecter des protocoles stricts lors des prélèvements et analyses. Grâce à la datation carbone 14, l’archéologie préventive peut mieux comprendre l’organisation temporelle des sites étudiés, offrant ainsi une lecture plus complète et précise de notre patrimoine historique.

L’application de la datation carbone 14 dans les projets d’archéologie préventive

Les archéologues ont fréquemment recours à la datation carbone 14 dans les projets d’archéologie préventive. La fiabilité de cette méthode d’analyse repose sur la mise en place de protocoles rigoureux, du prélèvement des échantillons sur le terrain jusqu’à l’interprétation des résultats en laboratoire, en passant par les pré-traitements chimiques, les extractions nécessaires, la graphitisation automatique et les mesures par AMS. Cette démarche garantit des analyses fiables et précises, essentielles pour établir une chronologie précise des vestiges.

Étapes pour intégrer la datation carbone 14 dans un projet

1. Prélèvement des échantillons

Les archéologues doivent collecter des matériaux organiques (ossements, charbons de bois, macro-restes, résidus organiques, tourbes, coquillages…) tout en respectant des protocoles stricts sur le site de fouilles. Ces échantillons doivent être soigneusement manipulés afin d’éviter toute contamination qui pourrait fausser les résultats de l’étude.

Chaque prélèvement réalisé est accompagné d’une documentation détaillée, incluant la position stratigraphique, le contexte géographique, et les conditions environnementales du site. Cette étape de documentation est essentielle et permet de garantir une interprétation cohérente des données lors des analyses ultérieures.

2. Préparation en laboratoire

Les échantillons sont ensuite acheminés au laboratoire et vont subir différents traitements préalables à la datation. Ils sont ainsi nettoyés mécaniquement et subissent un traitement chimique ABA, et une extraction du collagène pour les ossements, afin d’éliminer les contaminants tels que les carbonates modernes ou les matières organiques parasites. Ensuite, le carbone organique est extrait de l’échantillon par graphitisation automatique et l’analyse isotopique du carbone et de l’azote est réalisée en parallèle.

Ce processus permet aux scientifiques spécialisés en datation carbone 14 pour l’archéologie de s’assurer que seules les molécules d’origine organique sont analysées, offrant ainsi des résultats précis sans contamination. Le respect des étapes de ce protocole est essentiel pour éviter les erreurs et garantir la fiabilité des datations.

3. Mesure et calibration

L’analyse des échantillons archéologiques par datation carbone 14 est effectuée grâce à des technologies avancées comme un accélérateur de particules couplée à de la spectrométrie de masse (AMS). Cette méthode permet de détecter des quantités infimes de 14C dans l’échantillon et offre ainsi une précision inégalée même pour des vestiges très anciens.

Cependant, cette mesure brute ne peut être utilisée en l’état. En effet, ces résultats sont obtenus en années BP (Before Present, avec 1950 comme référence), on parlera « d’âge brut ». Ils doivent être corrigés, on dira « calibré ». Cette étape utilise les courbes de calibration internationales qui tiennent compte des variations du taux de carbone 14 dans l’atmosphère au fil du temps. Le résultat final obtenu fournit alors des intervalles de dates calibrées, élément indispensable pour une interprétation fiable.

Interprétation des résultats et applications concrètes

L’interprétation des résultats d’une datation carbone 14 dans le cadre de fouilles préventives nécessite une expertise approfondie. Les données issues des différentes analyses (carbone 14 ou autre) sont alors croisées avec les informations stratigraphiques et contextuelles pour éviter toute erreur. Par exemple, la position des échantillons dans une séquence stratigraphique permet de vérifier leur cohérence avec d’autres vestiges datés.

Étude de cas : un site préhistorique
Sur un site de l’Âge du bronze en France, l’analyse de charbons de bois associés à une structure de combustion a révélé une occupation humaine datant d’environ 4000 ans. Cette datation a permis d’enrichir la compréhension des pratiques humaines de l’époque, en identifiant des modes de vie spécifiques liés à l’exploitation des ressources naturelles.

La richesse des résultats obtenus illustre l’importance de recourir à la datation carbone 14 pour reconstituer les chronologies des sites archéologiques. Elle contribue non seulement à enrichir nos connaissances historiques, mais également à orienter les décisions liées à la préservation du patrimoine.

Grâce à une méthodologie stricte et des outils de pointe, la datation carbone 14 s’impose comme une technique incontournable pour répondre aux défis de l’archéologie préventive. Elle apporte une précision indispensable à la compréhension des sites étudiés, tout en soutenant les décisions scientifiques et opérationnelles. Les archéologues, contraints par les délais liés à la nature des fouilles en archéologie préventive devront donc faire appel à des spécialistes de l’analyse de vestiges archéologiques pour bénéficier de leur expertise et de leur réactivité.

Le rôle des laboratoires dans l’archéologie préventive

Les laboratoires spécialisés en datation et analyse des archéomatériaux tels que les laboratoires CIRAM, occupent une place centrale dans les projets d’archéologie préventive. L’expertise scientifique et technique des laboratoires garantit des analyses fiables, adaptées aux besoins des archéologues et aux contraintes des projets d’aménagement. Grâce à des outils de pointe et une collaboration étroite avec les équipes sur le terrain, ces laboratoires contribuent à la protection et à l’étude du patrimoine archéologique.

Expertise et services des laboratoires spécialisés

Les laboratoires comme CIRAM offrent une gamme de services essentiels permettant la datation et l’analyse des matériaux organiques échantillonnés sur site. Leur expertise repose sur des technologies avancées, notamment la spectrométrie de masse couplée à un accélérateur de particules (AMS), qui permet de mesurer avec précision la quantité de carbone 14 dans des échantillons, même très petits et/ou très anciens.

Les laboratoires peuvent ainsi réaliser différentes études : 

  • Datation des ossements : elle est essentielle pour étudier l’occupation des zones de peuplement ou les pratiques funéraires.
  • Analyse du bois ancien : elle permet de comprendre les usages des ressources forestières ou la construction des habitats.
  • Étude des charbons de bois : elle est la clé pour reconstituer les contextes environnementaux ou identifier des traces de combustion.
  • Datation des sédiments : utilisée pour établir une chronologie des dépôts naturels ou anthropiques dans les sites archéologiques.

Ces prestations répondent aux exigences spécifiques des projets d’archéologie préventive, où rapidité et précision sont souvent cruciales pour respecter les délais courts des chantiers d’aménagement tout en préservant le patrimoine.

Collaboration entre laboratoires et archéologues

Une collaboration étroite entre les laboratoires spécialisés en datation carbone 14 et les archéologues est nécessaire pour garantir la qualité et la pertinence des analyses. Les équipes d’archéologie préventive peuvent ainsi bénéficier de : 

1. Conseils sur le terrain :

Les laboratoires spécialisés en archéologie apportent leur expertise dès la phase de prélèvement des artefacts. Ils accompagnent les archéologues à travers les protocoles de collecte et de stockage des échantillons, afin d’éviter toute contamination ou erreur liée à des manipulations inappropriées. Ces conseils permettent de garantir la préservation des artefacts en vue de leur analyse.

2. Production de rapports détaillés

Les résultats des analyses sont synthétisés dans des rapports clairs, compréhensible et exploitables par les équipes d’archéologues. Ces documents incluent des données calibrées, des interprétations scientifiques et des recommandations pour intégrer les résultats dans le contexte archéologique global. 

3. Soutien scientifique continu

Les laboratoires sont également parties prenantes dans l’interprétation des données en étroite collaboration avec les archéologues. Cette collaboration entre laboratoires et équipes d’archéologie préventive permet de croiser les informations issues des analyses isotopiques avec celles des fouilles, ce qui garantit une compréhension plus complète et appliquée des sites étudiés.

Les laboratoires spécialisés ne font donc pas office de prestataires de services. Ils apportent un niveau de conseil permettant aux archéologues de bien prélever, analyser et comprendre les datations et autres analyses scientifiques. Cette collaboration permet ainsi de mieux appréhender et mieux préserver le patrimoine.

La datation carbone 14 s’impose comme un outil fondamental pour l’archéologie préventive, permettant d’établir des chronologies précises et fiables pour les vestiges du passé. Dans cet article nous avons exploré comment cette méthode, intégrée dans un processus d’analyse rigoureux, enrichit la compréhension des sites de fouilles tout en répondant aux exigences des projets d’aménagement actuels.

Les laboratoires spécialisés, comme les laboratoires CIRAM, jouent un rôle clé dans ce processus. Ils mettent à disposition des archéologies, leur expertise scientifique et un accompagnement sur mesure pour les professionnels de l’archéologie préventive souhaitant améliorer leur connaissance des sites fouillés. Pour garantir le succès de vos projets et bénéficier d’une expertise reconnue, demandez une étude aux scientifiques de CIRAM dès aujourd’hui. Collaborons pour préserver ensemble notre patrimoine tout en respectant les défis auxquels vous êtes confrontés. 

C’est pourquoi le recours à l’imagerie scientifique par rayons X (radiographie et tomodensitométrie) est devenu incontournable pour l’étude des formes fermées ou des artéfacts archéologiques piégés dans leur gangue de sédiments. En proposant aussi bien des analyses en laboratoire que sur site, CIRAM permet d’obtenir une couverture complète du mobilier archéologique et de réaliser des fouilles virtuelles qui ne dégradent en rien ces vestiges du patrimoine.

Révéler la structure interne des objets grâce à l’imagerie scientifique en haute définition

Grâce aux techniques d’imagerie scientifique en haute définition, nous pourrons révéler la structure interne des objets, identifier la nature et l’usage de l’artéfact, définir le degré de corrosion des alliages métalliques et le degré de conservation qui en découle.

Radiographie de rayons X numérique et portable

Notre appareillage de radiographie de rayons X est numérique et portable. À l’aide de cet outil de dernière génération, nous pouvons réaliser des clichés in situ, sans déplacer les objets des réserves, et donc sans risquer de les détériorer. Notre système d’acquisition numérique permet par ailleurs d’obtenir des images en rayons X en temps réel. Ces clichés instantanés vont permettre d’adapter les modes d’observation et les angles de vue pour obtenir une vision optimale des objets.

Détecteur numérique de grande taille pour l’examen de plusieurs objets simultanément

Par ailleurs, nous disposons d’un détecteur numérique de grande taille, puisqu’il propose une surface sensible de 1600 cm² (40 x 40 cm). Nous pouvons ainsi examiner plusieurs objets en même temps, et par là même réduire le coût de l’analyse. Notre plaque sensible aux rayons X à une résolution de 5,5 millions de pixels qui génèrent des images en haute définition. Enfin, l’étude d’objets de grandes dimensions est tout à fait possible grâce à la reconstruction numérique que nous réalisons en post-production.

Le CT scan ou tomodensitomètre pour la visualisation en 3D

Le CT scan ou tomodensitomètre complète la radiographie de rayons X par l’apport de la troisième dimension. Ce type d’imagerie permet une visualisation en 3D et révèle la structure interne des objets sans prélèvement ou technique invasive. La tomographie apportera également des informations sur les techniques de fabrication des objets, ou sur le degré de conservation des matériaux.

Optimisation de l’utilisation du CT scan pour des fouilles virtuelles

En optimisant l’utilisation du CT scan, on pourra réaliser des fouilles virtuelles et ainsi découvrir le contenu et la stratigraphie d’une urne cinéraire par exemple. Les traitements d’images en contraste, fausses couleurs, MIP ou en mode surfacique améliorent la visualisation de la structure interne et l’identification des éléments présents. Enfin, des fichiers vidéo peuvent être extraits, afin d’exploiter au mieux le rendu de ces fouilles virtuelles.

L’imagerie scientifique et les examens tomodensitométriques pour la préservation et la valorisation du patrimoine

Les méthodes d’imagerie scientifique et les examens tomodensitométriques font partie de l’approche globale de l’étude des artéfacts archéologiques et participent à leur préservation, conservation et valorisation.

Caractérisation complémentaire à la datation

La caractérisation (chimique, physique et imagerie) des objets archéologiques est une approche complémentaire à la datation carbone 14 ou par thermoluminescence.

Depuis 2005, CIRAM est spécialisé dans l’analyse et la datation des artéfacts archéologiques, des objets d’art et du patrimoine et des monuments historiques.

 

 Brève histoire de la métallurgie
 

Encore très utilisé aujourd’hui, le cuivre a été l’un des premiers métaux exploités pendant la préhistoire. En effet, la métallurgie du cuivre commence dès le troisième millénaire av. J.-C. Plus tard, l’âge du bronze définit la production d’un alliage de cuivre et d’étain. Nous ne pouvons pas parler du métal en général, car il y a de nombreuses différences entre un bronze (alliage de cuivre et d’étain), un laiton (alliage de cuivre et de zinc), une fonte de fer, un argent ou de l’or. Les alliages de cuivre sont particulièrement intéressants, car leur utilisation remonte aux origines de nos civilisations, et se poursuit jusqu’à nos jours.

 

L’étude de la composition chimique par microscopie optique et microscopie électronique à balayage
 

Comme les bronzes ne peuvent pas être datés directement, nous devons chercher des marqueurs chronologiques exploitables, comme des indices techniques, le degré de corrosion et la composition des produits de corrosion.

L’approche la plus pertinente pour les objets en bronze reste l’observation et l’étude de la composition chimique par microscopie optique et microscopie électronique à balayage (MEB-EDS).

 

Étude de la microstructure du métal
 

La première étape est l’étude de la microstructure du métal qui apportera des informations sur les techniques de fabrication. Par exemple :

·      La présence de dendrites caractérisera une fonte ;

·      Des inclusions aplaties et alignées témoigneront d’un travail de martelage ;

·      Un alignement très régulier correspondra à un laminage.

 

Étude de la composition du métal
 

La seconde étape est l’étude de la composition chimique du métal. L’analyse élémentaire des concentrations en éléments majeurs, mineurs et éventuellement la présence de traces permet d’identifier la nature de l’alliage. Les principaux éléments majeurs sont le cuivre, l’étain, le zinc et le plomb. Les éléments mineurs sont le fer, l’arsenic, l’antimoine, le nickel… Les éléments traces sont multiples et varient dans l’espace et dans le temps.

 

La caractérisation des objets métalliques et l’analyse de la corrosion
 

L’ultime étape de la caractérisation d’un objet métallique est l’analyse de sa corrosion. On parlera de patine. Alors que ce terme sous-entend une approche de la surface, l’étude de la corrosion s’intéresse en particulier à la nature des produits de corrosion superficiels (la patine à proprement parler), mais également au développement des processus de corrosion à l’intérieur de l’alliage.

 

Un alliage de cuivre vieux de centaines ou milliers d’années aura subi de nombreuses attaques de l’environnement : l’humidité, la variation de température, le développement de micro-organismes… Ces éléments entraînent la dégradation du métal et donc sa corrosion. Parmi les signes les plus caractéristiques d’une corrosion naturelle, on citera par exemple :

·      Les altérations aux joints de grains ;

·      La corrosion dendritique, inter-granulaire ou trans-granulaire ;

·      La minéralisation.

 

Les produits de corrosion seront de natures multiples, car ils dépendent de la composition du métal et de la nature de l’environnement. On rencontrera la cuprite (oxyde de cuivre), l’azurite et la malachite (carbonates de cuivre), l’atacamite, la paratacamite et la nantokite (chlorures de cuivre), des oxydes d’étain, des sels de plomb… Associés à ces produits de corrosion, on détectera également des sédiments d’enfouissement, des résidus végétaux, des microorganismes…

 

Il est crucial de garder à l’esprit que l’étude de la composition chimique et du degré d’altération d’un métal fournit des indices techniques et chronologiques indirects. Il est impossible d’obtenir des informations chronologiques quantifiables sur le métal.

 

Les laboratoires CIRAM, spécialistes de l’authentification des matériaux
 

CIRAM, spécialiste de la datation et de l’analyse des archéomatériaux, propose une interprétation complète. Nous partageons nos résultats et nous discutons avec vous de leur interprétation, afin de vous expliquer la pertinence des recherches, en particulier pour les objets en métal.

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